lundi 29 décembre 2014

Quand ça ne mord pas fort...


Quoi faire quand le poisson ne mord pas;Daniel Lefaivre;Parlons pêche;fishing;pêche au québec;

Faut bien le dire, il y a des moments où il n’y a rien à faire, ça ne mord pas!

Le pire dans tout ça, c’est que vous réalisez que ce n’est pas par manque de technique ou par l’utilisation du mauvais leurre au mauvais moment, ou encore parce que vous vous êtes éloigné des principes de base, au contraire, vous venez de réaliser qu’à l’endroit où vous vous trouvez actuellement, il n’y a tout simplement pas de poisson! Même un professionnel ne prendrait rien! (Je sais, un pro ne se serait pas arrêté là où vous avez décidé de pêcher, mais quand même…)

Certains modérateurs sur différentes plateformes de conversations prétendent même qu’un plan d’eau n’est productif que sur environ 10 % de sa superficie.  Selon mon expérience, j’accorderais un relatif 25 % de superficie productive sur un plan d’eau, mais pas plus!

Ce n’est pas pour rien qu’une bonne préparation est essentielle, comme celle qui consiste à bien connaître le lac ou la rivière où on ira taquiner le poisson. Le plus difficile à cerner, c’est que certaines espèces très mobiles, comme le doré, étaient présentes hier, justement, tient donc, à l’endroit où ça ne mord pas aujourd’hui!

On a donc affaire à ce que j’appelle le CRPPM c'est-à-dire le coefficient relatif de pourcentage du poisson en mouvement, ce qui complique encore plus la tâche! Bien sûr, je blague et je délire un peu, même s’il y a du vrai dans ce que j’énonce! Ce serait drôlement plus facile si on savait d’avance qu’un seul endroit permanent est productif! Mais c’est ça l’art de la pêche, c’est aussi l’art de savoir où se situe le poisson! Alors quand il n’y a rien à faire, on prend des photos, on admire la nature, on communie avec elle en espérant voir une espèce d’oiseau rare ou un insecte qui pourrait servir d’appât, on observe la berge à la loupe pour y trouver un trésor et on prend plaisir à respirer tous les arômes des plantes qui nous entourent! On s’asperge de chasse-moustique pour une troisième fois, on rajoute une belle couche de crème solaire par-dessus, de la « 30 » bien visqueuse et on espère qu’on ne reviendra pas bredouille malgré tout! 

En passant, faites l’expérience de mélanger crème solaire et chasse-moustique en même temps, faites-vous cuire un peu au soleil (des deux côtés), longez le cours d’eau en vous accrochant dans les branches et au retour, votre entourage vous dira que vous sentez la pêche ou le poisson! À vous par la suite de raconter que vous avez pratiqué la remise à l’eau et que c’est pour ça que vous ne ramenez pas de poisson! Ou de raconter quelque chose d’original!

Quand ça ne mord pas, j'ai plus tendance à observer ce qui se passe autour de moi. J'y fais généralement de belles découvertes.

Comme de prendre quelques bons clichés dans le but de vous amuser à les trafiquer par la suite en plaçant votre visage à la place de quelqu’un d’autre! C’est exactement ce que j’ai fait avec la photo entête de ce texte! Quand ça ne mord pas, pourquoi ne pas se préparer à faire une bonne blague qui prouvera que vous avez capturé un beau gros poisson! (Porter différentes casquettes, lunettes, sous différents angles, vous permettra de faire un meilleur montage par la suite!) Au retour de votre journée ou de votre expédition, vous ne le regretterez pas car vous aurez suffisamment de matériel pour vous rappeler de bons souvenirs! J’ai fais cette photo avec http://www.faceinhole.com/  Prenez plaisir à vivre pleinement au moment où vous êtes et vous aurez ainsi les idées plus claires pour vous concentrer et trouver où se cache le poisson!

Daniel Lefaivre; la pêche au Québec, truite mouchetée, pêche dans la région de Montréal
Comment ne pas s'émerveiller devant un aussi beau paysage! Cela fait partie du bonheur d'être à la pêche.

 « Mais où est le poisson? » est sans doute la question qui revient le plus souvent les jours de disettes! J’aimerais dire fatalement, quelques fois on attrape du poisson et d’autres fois rien ne fonctionne… On connaît la panoplie d’excuses très riches et originales des pêcheurs bredouilles, mais j’en viens à conclure qu’il est plus sage de constater que les endroits qui n’ont pas donné de résultats ne contenaient tout simplement pas de poisson. Où si votre sonar vous jure qu’il y a de beaux spécimens sous l’embarcation et que vous n’avez eu aucune touches, alors je m’incline et je n’ai pas la moindre idée de ce qui se passe dans l’eau!

Rappelons la base : le poisson recherche constamment sa zone de confort qui se décline avec les éléments suivant : nourriture, oxygène et température.  À cette base se rajoute la pression barométrique, l’influence des marées (eh oui, même sur un lac, avec l’influence de la lune), le vent, les fronts chauds et froids, la période de fraie, le type de nourriture qui varie en fonction des cycles de saisons, les meilleures heures où le poisson est actif, la marque de moulinet que vous utilisez et la sorte de bière que vous buvez! Et j’en passe!

Mais le facteur le plus important demeure quand même le fait que le meilleur moment pour pêcher (je n’ai pas dit pour prendre du poisson…) se situe entre le lever et le coucher du soleil…les jours où vous avez le privilège et le bonheur de pratiquer votre loisir préféré! Comment voulez-vous réunir toutes les conditions gagnantes pour pêcher quand on réserve un séjour dans une pourvoirie, quand c’est dans trois semaines qu’on vous accorde une journée de congé, qu’on vous attribue un lac que vous ne connaissez pas le matin même et que les pronostiques météos viennent de vous échanger un beau soleil contre une première neige…

Alors voilà pourquoi je n’ai pas trop de difficultés à accepter la bredouille, une journée en plein air, même quand les conditions sont mauvaises, sans cravate, c’est toujours ça de gagné! Et puis ce contact avec la nature m’est essentiel. Ça ne vaut pas la peine de revenir de la pêche frustré et déçu parce que le « quota » n’est pas atteint. Quand ça ne mord pas, il y a tellement plus à vivre et à découvrir tant sur soi que sur la nature! Oui, je passe une belle journée, même quand ça ne mord pas!

Mais j’ai toujours une petite voix qui me souffle : « Mais il était où le poisson? »…

Daniel Lefaivre
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